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GD6D de moins polluer, et vous ?

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2015/01/10 – CANNES SOLEIL

GD6D de moins polluer ! Et vous ?

 

Accompagner les habitants d’un quartier pour les inciter à adopter les bons gestes éco-responsables. Tel est l’objectif de l’opération GD6D, menée dans le secteur du Petit Juas par la Mairie de Cannes, le SICASIL* et le SIAUBC** en partenariat avec la société E3D-Environnement. Une expérimentation à laquelle se prêtent depuis dix-huit mois des riverains pour apprendre à mieux trier et comprendre les enjeux du tri, et qui s’inscrit totalement dans la lutte municipale contre l’incivisme.

GD6D (prononcez « J’ai décidé »). Un jeu de mots (ou de lettres ) qui indique clairement le caractère volontaire de cette initiative écologique inédite que la Mairie de Cannes a souhaité proposer aux habitants du Petit Juas, aux côtés du SICASIL et du SIAUBC. Le dispositif, développé par la société E3D Environnement, a été mis en place en mars 2013 pour une durée de deux ans. Tous ceux qui ont accepté d’y adhérer ont ainsi reçu un accompagnement personnalisé pour leur permettre de réaliser des actions simples, et respectueuses de l’environnement.

«Les actions proposées visent à faire adopter de nouveaux comportements pour réduire la quantité de déchets du foyer, pour améliorer les pratiques de tri, économiser l’eau et utiliser de façon plus responsable le réseau d’assainissement et le réseau pluvial », explique Pascale Vaillant, conseillère municipale déléguée à l’environnement.

460 foyers volontaires

Sur les 1 056 foyers du quartier du Petit Juas informés de l’opération en début de projet dix huit mois plus tôt, 460 foyers ont ainsi « décidé » de participer à l’opération. Ils ont été recontactés régulièrement (toutes les quatre à six semaines pendant dix-huit mois), par mail, courrier ou téléphone, pour faire un point sur les éco-gestes proposés qu’ils ont choisis de réaliser. Une réunion, organisée le 27 novembre dernier en salle du conseil municipal en présence des différents acteurs de l’opération, a été l’occasion de faire le point sur son avancée quelques mois avant son terme. « Parmi les résultats intéressants, on note notamment qu’au moment du test qui avait été réalisé en début d’opération pour dresser un état des lieux des connaissances des habitants sur les thématiques de l’assainissement, de l’eau et des déchets, 53 % des répondants ignoraient que les déchets jetés dans le caniveau regagnaient la baie de Cannes par les vallons», explique Marie Pourreyron, adjointe au Maire déléguée à la propreté. « Les consignes de tri sur les barquettes en polystyrène n’étaient également pas bien assimilées puisque 49 % des personnes interrogées pensaient qu’elles ne se recyclaient pas. La bonne réponse est que OUI, à Cannes, nos barquettes de viande en polystyrène se recyclent ! ».

Florence et Marc font partie de ces riverains volontaires qui ont accepté de rejoindre le dispositif et qui témoignent aujourd’hui des changements de comportements très concrets qu’ils ont été incités à adopter. « Tous les mois, pendant près de huit mois, j’ai reçu par mail une action à faire, explique Florence. Le sujet qui m’a le plus intéressé a été le thème de l’eau. J’ai mis en pratique les astuces données. Quand je lave ma salade par exemple, avec l’eau récupérée dans la bassine, j’arrose mes plantes. J’ai vraiment joué le jeu. J’ai aussi suivi les conseils pour les emballages. L’idée était de limiter les petits emballages, donc de plutôt acheter les grands formats en carton (pas très pratique quand même quand on vit seul!), et de limiter les contenants plastiques. C’est ce que j’ai fait. » Marc aussi a adopté de nouveaux réflexes ces dix-huit derniers mois : « Ce que j’ai changé dans mes habitudes de tri, c’est de mettre les emballages plastiques de type pots de yaourts dans la poubelle jaune. Avant je ne le faisais pas. Je pensais que ça ne se triait pas. Je triais juste les bouteilles plastiques et les emballages papiers, les boites de biscuits. J’utilise aussi maintenant davantage de recharges, par exemple pour le lave vaisselle. Ma compagne est très sensible à l’utilisation des sacs plastiques. Moi un peu moins mais j’essaie quand même d’éviter le suremballage. »

Au fil des jours, les participants en apprennent un peu plus. Lors de la réunion du 27 novembre, Florence a ainsi réalisé que les mégots jetés dans le caniveau allaient directement à la mer, « En tant que fumeuse, bien sûr que ça m’a interpellée.C’est un geste anodin que je faisais bien avant de savoir tout ça, et en croyant bien faire aussi, je croyais vraiment que les mégots jetés dans la rue allaient dans les réseaux d’eaux usées. Mais, en fait, je me suis aperçue qu’en jetant les mégots dans la rue, je polluais la mer dans laquelle je me baigne six mois de l’année. J’ai trouvé ça terrible. Vraiment. Je n’aurais jamais jeté mes cigarettes par terre si j’avais su ça avant. »

Poursuivre l’accompagnement

En parallèle des opérations de sensibilisation, des mesures de terrain ont été mises en oeuvre pour tenter d’évaluer l’écart entre les habitudes déclarées des habitants et la réalité des pratiques. Une enquête réalisée sur le contenu des déchets qui a montré que si tes habitants étaient bien sensibilisés au tri, beaucoup se trompaient encore dans sa mise en pratique.

Pour Marc, il faut donner suite à cette expérimentation en impliquant les résidents et associations du quartier qui le souhaitent, d’autant plus que le tissu associatif est de qualité au Petit Juas : «L’accompagnement est nécessaire sur un tel sujet. On pourrait envisager une sorte de recherche-action, par le biais d’un relais associatif. La forme pourrait varier. Par exemple on pourrait organiser des mini-réunions pour encadrer l’accompagnement des personnes qui souhaitent adhérer au dispositif. » Florence aussi a une idée. Pour elle, la crise est une véritable opportunité pour inciter les gens à moins gaspiller. « Tout le monde est à sec en ce moment. Donc si vous me dites, Madame, vous mettez un petit « mousseur» sur votre robinet, et vous allez faire des économies d’eau, je prends bien sûr ! Qui peut refuser de faire 120 euros d’économie par an 1 Mais il faut présenter l’outil en même temps que l’on passe le message, afin de bien s’assurer que la personne a toutes les clés en mains pour changer de comportement »

Des réflexions qui témoignent de l’intérêt de ce dispositif participatif, où les habitants sont au coeur même de l’action. Car une lutte efficace contre l’incivisme passe d’abord par la responsabilisation de chacun.

 

*Syndicat intercommunal de l’eau potable du bassin
cannois.
**Syndicat intercommunal d’assainissement unifié du
bassin cannois.

 

Lien : Cannes Soleil